Stefane Fermigier

Un enjeu: la définition d'un Système Standard pour Linux

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Sept ans après l'apparition du premier embryon du noyau Linux, son succès est tel qu'on le retrouve maintenant dans de multiples distributions: Slackware (en perte de vitesse semble-t-il), Debian GNU/Linux, RedHat Linux, Caldera Open Linux, Turbo Linux, SuSE, pour ne citer que les plus connues.

Bien entenu, dans toutes ces distributions, on retrouve toujours un dénominateur commun qu'est le noyau Linux, programme qui va tourner en permanence sur votre machine: le coeur du système d'exploitation. Mais finalement, ce petit programme éxécutable de quelques centaines de Ko seulement - le fameux "/vmlinuz" - et ses quelques modules dynamiques associés (pour les versions récentes de Linux) ne sont pas grand chose sans toutes les dizaines de Mo qui constituent le reste d'une distribution Linux: le système de fichiers, les fichiers de configuration, les scripts d'initialisation, les utilitaires GNU, les interfaces graphiques... Or, sur tous ces points, il existe des différences sensibles entre les distributions (atténué par l'existence d'un standard, le FHS, qui définit précisément la place de chaque fichier dans l'arborescence du système de fichiers).

Sans toutefois être incompatibles, et possédant un air de famille marqué, une Debian et une RedHat n'ont pas exactement la même structure de fichiers, ni des scripts d'initialisation strictement identiques, ni (et là c'est un peu plus gênant) le même système de "packages" logiciels. Ceci est à l'image de ce que l'on rencontre dans les Unix commerciaux classiques (à une différence près: ces derniers n'ont même pas le même noyau en commun, et ne sont pas du tout compatibles au niveau du format des programmes exécutables!).

Ainsi, avec la multiplication des distributions, se pose un problème: comment garantir qu'un programme conçu pour Linux va véritablement fonctionner sur n'importe quel système? Cette interrogation a poussé quelques-uns à souhaiter que l'on définisse un ``Système de Base Linux Standard''. De cette façon, on définirait un système de base pour une distribution Linux, ce qui n'empêcherait pas forcément que des fonctionalités plus avancées y soient ajoutées. Tous les détails des propositions pour ce système de base sont disponibles sur http://slashdot.org/features/9804191033234.shtml.

Bruce Perens (qui a récemment quité Debian) est à l'origine de cette initiative, soutenue par Linus Torvalds et par Linux International. Plusieurs distributions importantes adhèrent déjà au projet comme Caldera Open Linux, SuSE, et Turbo-Linux (Red Hat reserve pour l'instant son avis, en souhaitant juger le projet sur sa valeur technique).

Les spécifications du ``Système de Base Linux Standard'' imposent que ses composants soient libres (ou ``Open Source'': GPL, Licence BSD ou MIT ou Artistique, etc.). Or il n'est pas clair à ce point si le ``Système de Base Linux Standard'' intègrera un environnement X et un desktop-manager. Si c'était le cas, cette restriction risquerait de nuire à l'épanouissement du Desktop Manager KDE qui, bien que sous licence GPL, repose sur des bibliothèques graphiques (Qt) gratuites, mais non libres, et ouvrirait en grand la porte à son concurrent direct - Gnome.

La question de la standardisation des interfaces graphiques, qui est un enjeu essentiel pour le monde Unix, reste donc ouverte.

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