Stefane Fermigier

Revue de presse francaise

| Comments

[Ce qui suit est essentiellement la transcription de deux articles parus dans la presse papier il y a quelques jours. Il y a semble-t-il quelques erreurs de transcription, mais je ne dispose pas des articles orginaux pour les corriger. Ed.]

L'Evènement - n°748 du 4 au 10 mars 1999 - page 85 (rubrique "C'est déjà demain"):

La fronde anti-Microsoft fait tache d'huile ! Cette fois, c'est toute la communauté des utilisateurs de Linux, un logiciel concurrent de Windows, qui déterre la hache de guerre. Le 15 février, baptisé « jour de la détaxe Windows», chaque possesseur d'un ordinateur vendu avec le système de Microsoft préinstallé et qui ne l'utilise pas était invité à demander son remboursement à Bill Gates. Cette offensive, largement reprise par les médias, montre à quel point Linux s'est incrusté dans le paysage informatique. Le nombre d'adeptes de ce système d'exploitation est estimé entre 5 et 10 millions. Ainsi Linux était, en 1998, le seul système d'exploitation autre que Windows à gagner des pans de marché.

Il faut avouer que ce système ne manque pas d'arguments. Il est gratuit et téléchargeable librement sur Intemet. Mais, surtout, il ne plante pas et peut fonctionner toute une année sans avoir à redémarrer. Avec ça, il surpasse Windows NT sur le marché des serveurs réseau et bénéficie d'une aide en ligne hors pair: des millions d'utilsateurs toujours disponibles, « si l'an dernier, raconte Stéphane [Stéfane, ed.] Fermigier de l'AFUL (Association française des utilisateurs de Linux [association francophone des utilisateurs de Linux et des logiciels libres, ed.]), le comité de vigilance Linux a détecté une faille commune à l'ensemble des systèmes d'exploitation. Une annonce est parue le matin sur Intemet, et le soir même une solution pour Linux était disponible en ligne. » Une anecdote qui traduit à merveille l'esprit de ce « logiciel libre ». Linux est un pur produit d'Internet, le fruit d'une collaboration internationale bénévole, dirigée de main de maître par son promoteur, Linus Torvalds.

Tout a commencé en 1991, à Helsinki, en Finlande. Linus Torvalds, étudiant, décide de se lancer dans la conception d'un système d'exploitation pour son PC. En quelques mois, il rédige un premier jet qu'il a le génie de soumettre à la critique d'autres informaticiens sur Intemet. «Bonjour, je suis en train de faire un système d'exploitation libre... , c'est juste un hobby... » annonçait-il. Aujourd'hui, ce sont des milliers d'informaticiens qui ont fait de son hobby une aventure planétaire.

De plus en plus d'éditeurs de logiciels, comme Corel ou Netscape, sautent le pas et adaptent leurs produits à Linux. Linux vient donc fureter dans la chasse gardée de Microsoft. Une situation qui pourrait évoluer. «En 1997, explique Pierre Ficheux, responsable en recherche chez Com One, l'un des pionniers de Linux en France. Il n'y avait qu'un logiciel de base de données sous Linux ; aujourd'hui, tous les éditeurs y sont venus. La même chose pourrait se passer pour le multimédia.» Sans le vouloir, le jeune Finlandais a allumé la mèche de ce qui pourrait devenir la prochaine révolution de l'informatique, celle qui verrait la machine Windows renversée, au profit des logiciels libres...

Article signé Emmanuel Jullien.

Décision Micro & Réseaux - n°372 du 1er mars 1999 - page 45 (dossier "Unix: 30 ans de carrière et toujours à la pointe"):

Un concurrent gênant

Linux n'est pas qu'un système d'exploitation. c'est aussi la démonstration de la viabilité d'un modèle économique différent.

C'est pourquoi sa venue ne sucite pas l'enthousiasme chez les acteurs historiques du monde Unix. Beaucoup, comme Thierry Saint-Claire Deville, directeur général de SCO France, voient d'un très mauvais oeil l'arrivée de ce concurrent gênant : « Je voudrais tordre le cou à une véritable hypocrisie; je veux parler de la gratuité de Linux. Sans entamer une comparaison entre Linux et les produits SCO, dire que Linux est un logiciel gratuit est un non-sens économique. Quel patron d'entreprise responsable pourrait accepter de confier ses applications critiques, donc la vie de sa société, à un système d'exploitation sans support ? Quel patron pourrait en cas de panne, se contenter d'envoyer un SOS sur le web et attendre que quelqu'un, quelque part veuille bien le dépanner ? Aujourd'hui, si vous voulez du support je veux dire du vrai support vous devez faire appel, comme pour toute chose d'ailleurs, à des spécialistes.

Cela se paie et c'est tout à fait normal ; vous ne confiez pas votre santé au premier venu, fût-il plein de bonne volonté. Quelle différence faites-vous alors avec un OS, certes payant mais garanti et supporté par son éditeur ?

Envisager le coût d'un système d'information en se focalisant sur celui de l'OS, c'est regarder par le petit bout de la lorgnette. » [M. Sainte-claire Deville oublie, dans sa démonstration, que des éditeurs, des cnostructeurs et des SSII assurent le support de Linux, à des tarifs très compétitifs (Lire DM&R n° 371, p. 45), Ndlrl]

Enfin nous publions une réponse de plus (signée Philippe Fleurance) à la prose de Daniel Martin (ceux qui suivent l'affaire comprendrons, sinon, c'est inutile).

Comments